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Rapport Bentolila : oui mais comment ?

 

Si le SNE est d’accord avec un certain nombre de constats et de propositions contenus dans le rapport qu’A. Bentolila a remis au ministre en décembre, il est plus dubitatif sur leur mise en œuvre et désapprouve certaines.

Certaines propositions du rapport rejoignent, sans conteste, les revendications du SNE :

  • L’école maternelle est une école à part entière, il faut redéfinir ses objectifs, ses missions et ses fonctions.
  • Dans le cadre de la politique les niveaux de l’école maternelle doivent appartenir à un seul et même cycle, afin de garantir sa spécificité.
  • Tout comme pour l’élémentaire, des progressions précises, des horaires et des programmes doivent être définis par niveau.
  • L’école maternelle doit s’inscrire clairement dans l’obligation scolaire. Le SNE réclame depuis longtemps que la grande section soit obligatoire. (Pour A. Bentolila l’école doit être obligatoire dès 3 ans)
  • La formation initiale et continue concernant l’école maternelle doivent être réformées et nettement améliorées, et ceci autant pour les professeurs d’école que pour les IEN et les conseillers pédagogiques.
  • La scolarisation des 2 ans n’est pas adaptée, elle contribue à entretenir dans l’esprit des familles l’idée que l’école maternelle est une garderie. D’autant que des études en pointent certains conséquences fâcheuses (agressivité, socialisation difficile…)

Par rapport aux contenus des apprentissages, si nous affirmons depuis longtemps que la mission première de l’école maternelle est l’apprentissage de la langue et si nous rejoignons en partie les propositions du rapport, celles ci supposent, à l’évidence, une réduction significative des effectifs des classes. Actuellement, hors ZEP, les effectifs de classe en zone urbaine sont souvent supérieurs à 30, effectif incompatible avec la pédagogie et les missions prônées par le rapport.

Par ailleurs, si la proposition d’un programme de mobilisation des étudiants pour renforcer la médiation individuelle pour les élèves en difficulté de langage hors temps scolaire (éventuellement au domicile de la famille) est, sur le papier, séduisante, elle nous apparaît bien peu réaliste même dans le cadre d’un service civil obligatoire.

Pour ce qui concerne les 2 h du samedi matin, que celles-ci soient consacrées à la rencontre individuelle obligatoire des parents nous semble une idée très intéressante.

Par contre, s’il est évident que l’on n’enseigne pas de la même façon en Petite section qu’au CM2, chaque PE doit pouvoir enseigner de la petite section au CM2. La formation initiale doit donc lui donner les moyens de pouvoir le faire. Tous les PE doivent bénéficier du module spécifique de 50 heures proposé par le rapport. D’autant qu’il est très compliqué de savoir à l’avance quels seront les postes disponibles pour les sortants IUFM. Pour les titulaires–remplaçants, faudra-t-il créer des brigades élémentaires et des brigades maternelles ?
De plus la spécialisation PE en école maternelle irait à notre avis, à l’encontre de la reconnaissance voire de la considération due aux PE enseignant à l’école maternelle.
Elle entraînerait inévitablement un cloisonnement néfaste entre l’élémentaire et la maternelle, accentuant encore l’incompréhension par la méconnaissance du travail de chacun.

En conclusion, il est temps que l’institution réagisse. L’école maternelle est la base indispensable de l’édifice. Ce rapport est la démonstration que l’école maternelle est toujours autant considérée dans les instances dirigeantes. N’en déplaisent à certains qui, adeptes du catastrophisme, “crient au loup” depuis plusieurs années dans l’unique but de tirer profit de la peur des collègues.

J.HOUZIAUX
Secrétaire Générale

Consulter l'intégralité du rapport (au format PDF)

 

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