Le SNE-CSEN, syndicat libre de tout ancrage politique et de toute subvention de l’état, considère les propositions du rapport ATTALI relatives à l’école comme un mélange de prêt à penser pédagogiquement correct et de mesures inquiétantes, en particulier pour le 1er degré.
Au delà de quelques remarques de bon sens déjà formulées par le SNE-CSEN concernant les causes de l’échec à l’école, l’auteur du rapport semble voir de grandes nouveautés dans des affirmations non démontrées telles que l’inutilité prétendue des redoublements, l’introduction de l’informatique dans le socle commun de connaissances ou le travail en groupe. Le SNE-CSEN s’étonne du retentissement, dans le microcosme médiatique, de tels lieux communs.
Le SNE-CSEN remarque que les préconisations de Monsieur ATTALI sur le socle fondamental mêlent de manière embrouillée des notions qu’il est nécessaire de distinguer. La volonté de considérer les « aptitudes non académiques » ou le « développement de la créativité » comme des matières évaluables conduirait inexorablement à un nouveau recul des compétences des élèves par l’acquisition de savoirs solides, alors que le rapport prétend dénoncer les piètres performances des élèves des écoles françaises.
Plus grave encore, la libéralisation complète des secteurs scolaires et la création de chèques scolaires appelés « droits à l’école » pour mettre en concurrence public et privé va à l’encontre de l’idée d’une société républicaine dont l’école publique serait le fondement. Pour le SNE-CSEN, rallumer la guerre scolaire ne paraît pas opportun.
A force de contradictions, de formulations imprécises et de propositions malheureuses dans le domaine de l’instruction et de l’éducation, les propositions du rapport ATTALI méritent de se voir classées au rayon des ronflantes inutilités. Le SNE-CSEN suggère à Monsieur ATTALI de rejoindre au plus vite la commission POCHARD, où il trouvera sans doute un environnement favorable à sa volonté de démanteler la transmission des savoirs et d’éminentes personnalités qui privilégient la vertu et le dévouement au détriment du professionnalisme des professeurs.
Paris, le 25 janvier 2008