Une délégation du SNE composée de Joëlle Houziaux, Philippe Charbonnel, Jean Marc Devôge et Jean-Claude Halter, a été reçue au ministère le lundi 17 septembre 2007. L’ordre du jour proposé par le ministère comportait les EPEP auquel le SNE a ajouté le statut du directeur d’école, les évaluations de CM2 et les perspectives de négociations futures.
Les EPEP (Etablissement Public d’Enseignement Primaire) :
Bien que favorable dans le principe aux Etablissement Public du Premier Degré, le SNE rappelle l’opposition formelle manifestée lors des tables rondes de novembre 2006 et janvier 2007 concernant les premières discussions qui faisaient état du statut d’emploi (mesures de portée extrêmement limitée, sans aucun cadre pérenne et n’offrant en aucune façon une réelle revalorisation financière), d’un Conseil d’administration sans majorité enseignante et une expérimentation sur les écoles de plus de 15 classes, ce qui représente mille structures sur toute la France sans compter l’absence de toute réflexion sur les personnels amenés à diriger ces établissements autre que celui d’être déjà en place dans une « grosse » école.
Le SNE est d’accord avec le ministère sur
l’idée qu’il faut avancer vers ces modifications de
structures dont découleraient bon nombre d’évolutions
à notre sens indispensables, en particulier le statut du
directeur de l’école et la disparition à terme de
la tutelle des IEN, moins proches du terrain que ne le sont les
directeurs.
De nouvelles pistes d’études sont prêtes. Dans ce nouveau
cadre, il nous est assuré que dans chaque école,
un “directeur” resterait en place tandis que les
regroupements seraient étudiés au cas par cas, administratifs
ou physiques. Les dispositifs proposés seraient dans le cadre d’expérimentations,
par définition réversible. En d’autres termes, il
serait possible de les arrêter ou de les modifier si besoin.
Le statut d’emploi est oublié aux bénéfices d’un cadre beaucoup plus large (rien n’est arrêté pour le nombre mais le SNE parle de 20000 structures) avec nomination d’un directeur, statutairement reconnu, dans la perspective d’un poste à profil avec formation complète à la clé.
La question du salaire n’obtient pas de réponse précise mais nous convenons que les 400 € annuels précédemment évoqués sont sans rapport avec la réalité des demandes. Le Conseil d’Administration reste sur la base de 50% d’élus, 30% d’enseignants et 20 % de parents d’élèves ce qui pour nous, en l’état, n’est pas admissible.
Pour le SNE, le problème du directeur doit être sérieusement discuté, pensé et cadré. D’un côté comme de l’autre, la discussion est ouverte. Nous reconnaissons cependant que les élus locaux sont en mesure de conserver un regard important de l’utilisation qu’ils font de l’argent public consacré aux écoles. Nous recevons l’assurance, à notre demande, que la partie pédagogique restera sous le contrôle des professionnels. Encore une fois, les bases de la négociation devront être âprement préparées. En tout état de cause, la réussite de la mise en place de ces expérimentations ne peut se faire qu’avec un cadrage précis et respectueux pour les rôles de chacun.
Les “évaluations CM2”
Le ministère reconnaît qu’une telle mesure n’est pas à renouveler et qu’il s’agit d’un dispositif destiné à révéler les élèves les plus en difficulté. Le SNE rappelle en la circonstance sa position sur cet aspect des choses (Voir nos commentaires, billets et positions dans nos journaux et sur les sites) en insistant tout particulièrement sur les interprétations qui ne manqueront pas d’être faites au vu et au su de cette opération.
LA LETTRE AUX EDUCATEURS
Par la voix de son Président Jean Claude Halter, le SNE, s’il comprend que chaque responsable de l’enfant doit prendre sa place et assumer ses responsabilités, aurait vu du meilleur œil une lettre spécifiquement destinés aux enseignants, en particulier ceux du primaire, offerts en pâture à l’opinion, méprisés par des années de pression et dénigrés dans toutes les occasions, la dernière en date étant celle du rapport du HCE, définitivement détourné et caricaturé au profit de l’exclusive critique négative.
Caporalisme de certains IEN :
Au cours de l’audience, le SNE a tenu à
rapporter un cas scandaleux de menaces et de mise au pas de la part d’un
IEN dirigées contre une directrice d’école. Cet exemple
de caporalisme n’est malheureusement pas isolé et de “mauvaises
pratiques” perdurent dans certaines circonscriptions.
Ceci est tout à fait contraire à l’esprit de la Loi
Fillon où se trouve affiché le principe de la liberté
professionnelle dans le cadre des instructions et des champs de responsabilité.
Un IEN n’a pas à faire pression sur une Directrice
dans le champ de ses compétences (répartition des élèves,
attribution des classes). Un IEN n’a pas à relayer des pressions
parentales pour changer un élève de classe ou modifier une
structure d’école ; au contraire, il est de
son devoir, de son éthique et de son honneur de soutenir, défendre
et protéger les Directeurs de sa circonscription contre les attaques
et les abus.
La Délégation du SNE
