Présents :
CSEN, SGEN, CFDT, SNUipp,FSU, SE, Ligue, FCPE, UNAPEL, CGPME,UNI, FNEC-FO.
Le Président, Bruno Racine, présente les 2 points de l’ordre
du jour ; avis sur le rapport du HCE paru cet été et
début des discussions sur l’orientation dans le second degré.
Point n°1 - Le rapport du HCE paru fin août 2007
La CSEN a pris la parole en premier pour quelques commentaires sur le rapport.
L’école primaire, et en particulier les 340 000 professeurs du 1er degré, ne se « résignent » pas devant les 40% d’échec en CM2 pointés par le HCE. L’impression que donnerait l’institution n’est pas à imputer aux professeurs.
Selon le rapport, les redoublements seraient peu efficaces mais cet avis repose plus sur des constats statistiques qui ne constituent pas une démonstration. A contrario, les lois Jospin et Fillon ont démontré leurs limites voire leur inefficacité au travers du pédagogisme, et de ses avatars comme la remédiation, la pédagogie différenciée, les cycles ou les projets d’école qui sont, le plus souvent restés, à l’état de concepts.
C’est la maternelle qui est montrée comme l’une des causes de l’échec persistant. Les programmes de la maternelle n’ont pas toujours existé et le changement ne s’opère pas instantanément. Certaines affirmations sur les méthodes ne sont pas étayées. Le HCE fait l’impasse sur les effectifs de la maternelle et sur l’absentéisme des élèves.
A plusieurs reprises le HCE confond et amalgame les PE avec l’institution ; les responsabilités ne sont pas les mêmes, le PE qui exécute en suivant les programmes et les instructions n’a pas les responsabilités du ministre qui décide et impose par recteur, IA et IEN et IUFM interposés !
Le rapport ne semble évoquer que l’échec DE l’école ; mon organisation préfère que l’on parle de l’échec A l’école. Dans la réussite, comme dans l’échec, il n’y a pas que l’école : ne négligeons ni le rôle de l’élève ni celui des parents dans la perception des enjeux et donc dans les résultats.
Par ailleurs, la réussite ne saurait passer avec la seule augmentation des moyens. La question du pilotage a été abordée dans le rapport au sujet des directeurs. Le SNE-CSEN rappelle ici son attachement à la création d’Etablissements Publics du Premier Degré, différents toutefois des EPEP proposés par Gilles de Robien.
Enfin, les agitations et l’instabilité créées par les pédagogistes sont une cause non négligeable des échecs. Revenons aux fondamentaux, cessons de faire sans cesse douter les PE, accompagnons les au lieu de les harceler pédagogiquement. La pédagogie n’est pas l’outil miracle.
Une autre cause de l’échec pour nombre d’élèves tient à la multiplication des éléments à maîtriser dans les objectifs et les programmes. A force de saupoudrage on finit par ne plus travailler chaque notion mais simplement par la survoler. La boucle semble bouclée quand on observe les évaluations de CM2 de 2007, copiées sur celles de CE2 de 2005 et 2006. En octobre 2007, on aura donc bien vérifié qu’un élève de début de CM2 maîtrise plus ou moins bien le programme de… fin de CE1, belle réussite !
Jean-Marc DEVÔGE,
Secrétaire Général du SNE
Représentant de la CSEN
