Après la première salve sur les retraites qui touchera encore des personnels frappés de plein fouet par la réforme de 2003 et qui ont vu fondre de 20% leur pouvoir d’achat en 20 ans, voici venu le temps d’une saignée à blanc sur les moyens et les conditions de travail.
Alors que le malaise et les doutes n’ont jamais été aussi forts, alors même que sont proclamées partout les priorités à donner à la lutte contre l’illettrisme, contre l’échec scolaire, après un rapport de la cour des comptes dénonçant le manque de moyens de l’école primaire en corrélation avec ses difficultés actuelles, le cynisme du schéma d’emploi 2011-2013 est un inquiétant casus belli.
En réponse à l’hétérogénéité des classes et aux conditions d’accueil élargies, et complexifiés, le gouvernement propose de répondre par des augmentations d’effectifs dans les classes.
En réponse au malaise des enseignants et aux conséquences sur leur santé, le solution envisagée est l’appel aux non titulaires pour les remplacements et le transfert de la formation continue hors du temps scolaire.
En réponse aux difficultés des maîtres dans la gestion des handicaps et des grandes difficultés, au lieu de repenser efficacement le rôle des RASED, il est question d’étudier leur totale suppression.
En réponse au terrible retard de la France dans l’étude des langues, c’est un trait sur un millier d’emplois d’intervenants extérieurs en langue vivante et d’assistants étrangers qui est évoquée.
Au-delà de l’inacceptable, le SNE-CSEN s’interroge sur ce qui pourrait bien être le démantèlement et l’exécution par étouffement du service public, laïque et gratuit d’Education.
Paris, le 1er juin 2010