STAGES DE REMISE A NIVEAU
Que ceux qui le peuvent travaillent plus pour gagner presque autant !
En soi, l’idée d’heures supplémentaires
mieux payées et défiscalisées est une bonne nouvelle.
Qui pourrait se plaindre d’une telle opportunité ? Qui
aurait le front de refuser qu’on est en droit de vouloir gagner
davantage ?
Le SNE respecte la décision de ceux qui seront volontaires pour
participer à cette opération. Il veillera à ce que
cela reste toujours sur la base de l’unique volontariat.
Cependant ne soyons pas dupes…
Ces heures ne sont pas présentées comme l’occasion d’amener un plus à une juste rémunération mais uniquement de compenser la perte de 20% de notre pouvoir d’achat depuis vingt ans. La récente publication des économistes Touria Jaaidane et Robert Gary-Bobo est aussi éloquente que douloureuse. En d’autres termes, il s’agit ici de travailler plus pour gagner ce qui vous est dû.
C’est pour cette raison, que le SNE s’insurge et à plus d’un titre. Il voit poindre des inégalités multiples à l’horizon selon la masse des volontaires et les besoins spécifiques, paperasses supplémentaires et médiation avec les parents à gérer mais par qui, sous quelles conditions et avec quelle rémunération ? Le SNE trouve anormal que se crée de fait une inadmissible discrimination entre les personnels les plus disponibles (une mère de famille, par exemple, a peut être moins de velléités qu’un jeune célibataire fringant…) et ceux qui le sont moins, entre les plus jeunes et les plus fatigués par l’âge ou les conditions de vie, entre ceux dont la santé est parfois fragile et ceux en pleine forme physique. Et ce ne sont là que quelques gros traits pour dénoncer finalement une situation dégradée.
Ce n’est pas le rôle d’un travail supplémentaire de compenser pour ceux qui le veulent ou qui le peuvent ce qui est dû à une profession particulièrement touchée par les difficultés actuelles.
Ceux qui n’ont que leur travail pour subsister et qui ont choisi de vivre, par ailleurs, pour et avec d’autres, et bien entendu pour eux, apprécieront en première ligne ce nouveau clivage à la philosophie redoutable.
Un professeur des écoles doit avoir le droit de vivre décemment de son seul métier.